La ZAD des sauveteurs de terre de Gonesse évacuée par la force, les terres fertiles toujours menacées

Nous publions ci-dessous dans son intégralité un communiqué du collectif pour le triangle de Gonesse qui se bat depuis 10 ans contre la bétonisation de ces terres fertiles au nord de Paris.

Nous nous associons à cette association pour condamner le recours à la force demandé par le gouvernement et la présidente de la région Valérie Pécresse.

Communiqué de presse —

La ZAD de Gonesse a été évacuée au petit matin par les forces de l’ordre. Les occupants, lanceurs d’alerte de tous âges et de toutes origines, mobilisés pour sauver les terres agricoles contre le projet de bétonnage du Grand Paris Express, ont été emmenés par les gendarmes au commissariat de Pontoise et placés en garde à vue.

 Le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) condamne ce recours à la force demandé par le gouvernement et la présidente de la région Valérie Pécresse contre des citoyennes et des citoyens décidés à empêcher la construction d’une gare qui détruirait plusieurs centaines d’hectares de terres parmi les plus fertiles d’Europe.

 Après l’abandon du méga-complexe EuropaCity en novembre 2019, le maintien de la construction d’une gare en plein champ relève de l’absurde : au-delà du gaspillage d’argent public pour une desserte qui n’a aucune chance d’être rentable, les Francilien-nes ne comprennent pas l’entêtement à vouloir bétonner cette zone, dernier vestige de la ceinture nourricière dont on connaît l’importance pour réguler les températures, de plus en plus caniculaires qui frappent la région chaque été.

 Qu’attend le gouvernement pour prendre la décision qui s’impose ? Qu’attend-il pour initier enfin un cercle vertueux d’aménagement du territoire ? Le projet CARMA permet de sanctuariser les terres du Triangle de Gonesse, d’intégrer l’agriculture à la ville et d’amorcer la relocalisation de la production alimentaire. Il propose également l’investissement dans la formation aux métiers de la transition écologique pour les communes alentour, touchées de plein fouet par la crise économique et sanitaire.

 Le gouvernement se trouve face à un choix historique : soit il s’entête à maintenir un projet daté et dépassé, en totale contradiction avec les engagements internationaux de la France et avec les discours sur la nécessité de stopper l’artificialisation des sols, soit il engge résolument des actions de sauvegarde des terres et de créations d’emplois utiles et non délocalisables.

 Ce n’est pas en évacuant par la force celles et ceux qui cherchent à empêcher des destructions irréversibles que des solutions ambitieuses, à la hauteur des problèmes, vont être trouvées.