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Confinement et solidarités

Nous espérons que vous allez tous et toutes bien en cette période difficile. Respectons les consignes de confinement et pensons à tous ceux et celles médecins, infirmières, aides soignantes en première ligne dans les hôpitaux. Tous les soirs à 20h au Pré comme partout en France faisons entendre aux fenêtres notre soutien et notre solidarité. Demain il faudra tirer les leçons de la crise sanitaire que nous sommes en train de vive et sortir des politiques comptables qui ont fait passer les profits et la rentabilité devant la santé des gens.

Le moment, à l’image de la société que nous voulons, est à l’entraide, la solidarité et le partage plutôt que le chacun pour soi.

Le confinement met aussi cruellement à jour les inégalités sociales comme le souligne cet article du NPA que nous reprenons ci-dessous.

Le confinement et l’explosion des inégalités sociales

Le confinement n’a pas les mêmes réalités suivant les milieux sociaux et par conséquent suivant les quartiers. Alors que Macron, dans son intervention de lundi 16 mars, positivait le confinement en proposant d’en profiter pour se cultiver – il était prêt à partager ses conseils de lecture, que les médias nous abreuvent de reportages sur des familles qui redécouvrent « l’essentiel des relations » et décrivent l’organisation méthodique de leur quotidien, il y a des réalités bien différentes. En 48 heures, l’agglomération parisienne s’est vidée de celles et ceux qui avaient pu trouver des solutions pour vivre le confinement au vert ou tout au moins dans de plus vastes espaces que les logements parisiens. Et puis il y a celles et ceux qui n’ont pas de plan B.

L’horreur au coin de la rue

Saint-Denis, le 17 mars : à 8h30 c’est l’ouverture de Carrefour, la grande surface qui sert de magasin de proximité aux milliers d’habitantEs du centre-ville, et en plus c’est jour de marché. Des centaines de personnes attendent le lever du rideau, ça tourne à la bousculade et le rideau ne va s’ouvrir qu’une fois la queue étendue en serpentin à travers toute la galerie marchande, avec un respect assez aléatoire des distances « barrière ».

Devant les bureaux de poste, c’est la même chose, mais aussi devant les pharmacies, la moindre épicerie, ou les agences de transfert d’argent type Western Union ou MoneyGram. Les annonces de Macron ont bien été entendues, elles tombent comme des couperets, mettant en panique des personnes qui ne savent pas comment elles vont s’en sortir, si elles ne peuvent plus sortir.

Quelles solutions pour les classes populaires ?

En effet, quel va être le quotidien du confinement pour les dizaines de milliers de personnes sans domicile (29 000 hébergéEs chaque nuit en 2017 dans le seul département de Seine-Saint-Denis) ? Quel va être le quotidien des dizaines de milliers de personnes hébergées dans le cadre du DALO (22 600 en 2017 pour le 93) dans des hôtels ? Tout cet hiver, c’est l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis qui a fait office de lieu de « mise à l’abri » pour des dizaines de personnes particulièrement fragiles laissées sans solution au 115. Quelle va être la vie des familles vivant à quatre, cinq ou plus dans des appartements d’une trentaine de m2 ?

Quelle organisation du temps, de l’espace, des ressources, tous les commentateurs vont-ils bien pouvoir leur proposer alors que quotidiennement les enfants, et les adultes fuient cette promiscuité insupportable ? Comment les familles qui ne disposent pas d’outils numériques, voire qui n’écrivent pas le français vont-elles gérer les « attestations sur l’honneur » pour sortir sans payer d’amende ? Comment les migrantEs et réfugiéEs qui ne pouvaient compter que sur l’accueil de Médecins du Monde pour bénéficier de soins et d’accompagnement pour entrer dans le parcours de constitution de dossier de demande d’AME vont-elles/ils pouvoir tenir dans leur extrême précarité alors que la permanence est contrainte de fermer ? Comment les familles qui bouclent leurs repas, se procurent des produits d’hygiène et d’entretien auprès des Restos du Cœur ou d’autres associations vont-elles survivre alors que les bénévoles de ces associations doivent se confiner pour assurer leur sécurité ?

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