12 premiers repères pour une ville à gauche autrement

La liste À Gauche Autrement vous propose 12  premières mesures qui donnent une indication claire de l’ambition que notre groupe porte pour le scrutin municipal de mars. Depuis notre création en 1995. nous nous battons pour faire vivre les valeurs d’écologie, de citoyenneté et d’égalité au Pré-Saint-Gervais et à Est Ensemble.

12 mesures

La démocratie autrement

1 → Mettre en place des référendums locaux citoyens, à l’initiative de la municipalité ou des habitants, sur les grands projets ayant des conséquences sur la vie quotidienne ou l’avenir de la ville.

2 → Faire participer activement les habitants au conseil municipal. Chaque conseil municipal doit être précédé d’un temps d’échange avec les habitants présents.

L’écologie autrement

3 → Évaluer tout projet municipal non seulement selon son coût
financier, mais aussi et autant selon son coût/bénéfice écologique.

4 → Créer une maison de la transition écologique, « tiers lieu »
ouvert aux associations et aux habitants pour toutes les actions
et initiatives participant à une réponse à l’urgence écologique.
Formations, ateliers, Amap, Répare-vélos, Repair- cafés, Sel,
monnaies locales…

L’emploi autrement

5 → Faire revenir en gestion publique communale ou
intercommunale les services publics externalisés au secteur privé : eau, déchets, entretien, stationnement, gardiennage des espaces verts, restauration scolaire.

6 → Impulser des expériences d’« entreprises à but d’emploi »,
en croisant sur notre territoire les besoins des habitants et les
compétences des personnes en chômage de longue durée.
Soutenir l’économie sociale et solidaire pour produire et consommer autrement.

La ville autrement

7 → Lutter contre la spéculation en faisant baisser les prix des
logements neufs et en travaillant au niveau de l’agglomération pour
obtenir un encadrement des loyers.

8 → Augmenter le nombre de mètres carrés d’espaces verts par
habitant en décidant de végétaliser des surfaces suffisamment
importantes pour avoir un impact sur la qualité de vie dans la ville.

Se déplacer autrement

9 → Améliorer la desserte des bus RATP dans la ville, augmenter
la fréquence du P’tit bus, établir un véritable réseau de pistes
cyclables protégées et multiplier les possibilités d’accrocher les vélos.

L’éducation autrement

10 → Coordonner et généraliser l’aide aux devoirs dans tous les quartiers de la ville. Développer l’offre de loisirs pour les
adolescents et préadolescents avec un effort particulier en direction des jeunes filles.

La sécurité autrement

11 → Exiger l’ouverture d’une antenne de la police nationale au Pré-Saint-Gervais. Faire le bilan de la vidéosurveillance et développer
la présence d’éducateurs et d’agents de médiation.

La santé autrement

12 → Créer un centre municipal
de santé à tiers payant intégral intégrant des services de prévention et de suivi.

12 premières mesures concrètes et des engagements forts qui ne se limitent pas à la période pré-électorale. Dans l’opposition de gauche au conseil municipal du Pré-Saint-Gervais, À Gauche Autrement porte cette exigence d’écologie, de démocratie et d’égalité au quotidien.

Une ville autrement On en parle ?

Contactez-nous par mail. Venez participer à nos réunions, apporter vos idées et donner le coup de main dans cette campagne.

→ À Gauche Autrement, c’est aussi faire participer les citoyens à
l’élaboration du budget communal, créer un budget écologique,
réduire la place de la voiture et des camions dans la ville, végétaliser
l’espace public, donner la priorité à l’éducation et à l’école publique,
investir dans les quartiers populaires, réduire la production de
déchets, développer l’économie locale et les circuits courts et en
garantir l’accessibilité à tous, favoriser la vie associative et l’accès à
la culture, en finir avec le clientélisme et lancer une nouvelle
dynamique pour la ville.

Photo de Une ©Jean-Michel Sicot

Le Pré Autrement ne se fera pas sans vous

Vérifiez que vous êtes bien inscrit·e sur les listes électorales pour pouvoir participer aux élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars 2020. Deux minutes suffisent.

Chaque année des personnes sont radiées ou sont mal inscrites sur les listes électorales. N’attendez pas le jour du vote pour vérifier. Vous pouvez le faire très simplement en ligne ici ou vous pouvez bien sûr vous rendre en Mairie

Si vous n’êtes pas encore inscrit·e sur les listes électorales, vous avez jusqu’au vendredi 7 février 2020 pour le faire. Après vendredi il sera trop tard pour voter le mois prochain.

Pour vous inscrire, il faut vous rendre à la mairie du Pré-Saint-Gervais. Vous avez besoin d’un justificatif d’identité et d’un justificatif de domicile de moins de 3 mois, à votre nom et mentionnant l’adresse de votre domicile sur la commune (ex. : facture d’eau, d’électricité, quittance de loyer, etc.).

Ne laissez pas passer la date. Le Pré autrement ne se fera pas sans vous.

Démocratie de faible intensité

Face à toutes les contestations, le verdict de la présidentielle de 2017 est de peu de poids. Le problème, il est vrai, dépasse Emmanuel Macron. C’est celui de la Ve République.

Le suffrage universel ne peut pas être une arnaque suivie d’une sorte de bras d’honneur.

écrit Denis Sieffert dans l’éditorial de Politis cette semaine que nous reprenons ici. À méditer à quelques semaines du premier tour des municipales.


PolitisDe temps en temps, l’homme perd ses nerfs. Le voilà l’autre jour qui s’empourpre devant des journalistes du Figaro et de Radio J, exhortant ceux qui dénoncent la violence du pouvoir à « essayer la dictature ». Avec qui croise-t-il le fer ? Personne. Mélenchon a dénoncé un « comportement monarchique ». Ségolène Royal a parlé de « dérive autoritaire ». Et Olivier Besancenot lui a conseillé, très ironiquement, de « tester la démocratie ». Voilà tout. On a connu polémique plus sévère. Quant à la violence du pouvoir, elle est peu contestable. Physique d’abord, comme en témoignent les nombreuses victimes de la répression. Sociale et politique ensuite, en raison d’un acharnement à imposer, envers et contre tous, une réforme jugée confuse et injuste. Mais s’il faut absolument concéder à Emmanuel Macron que la France, même sous son ministère, n’est pas une dictature, on le fera bien volontiers. Prétendre le contraire serait d’ailleurs insulter les peuples qui paient de leur sang le prix de la liberté. En Syrie et en Égypte, par exemple. Mais le débat existe néanmoins. Non entre dictature et démocratie, mais à l’intérieur de ce dernier concept aux multiples acceptions. Le politologue canadien Francis Dupuis-Déri a recensé chez Tocqueville, auteur de référence de la bourgeoisie libérale, pas moins de onze définitions différentes de la démocratie (1). De la plus exigeante à la plus négligente. Il y a donc de quoi faire. Emmanuel Macron, lui, est visiblement un smicard de la démocratie. Il en a une conception minimaliste. Du haut de son élection, dont il s’est empressé d’oublier les circonstances très particulières, il nargue aujourd’hui une opinion au bord de la crise de nerfs.

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, croyant voler au secours de son président – c’est son métier –, s’indigne pour sa part que l’on puisse accréditer l’idée « qu’il y aurait un régime qui imposerait sa loi au reste de la population ». Elle devrait garder son indignation pour un meilleur usage. Car, si l’on veut bien supprimer le mot « régime », un peu roublard, pour le remplacer par « gouvernement », c’est exactement ce qui se produit. La réforme des retraites essuie revers sur revers. Un mur de critiques et d’oppositions se dresse devant l’exécutif. Les sondages témoignent de la constante hostilité d’une majorité de Françaises et de Français. Voilà même que Laurent Berger vacille, traçant de nouvelles « lignes rouges » à mesure que son soutien au gouvernement devient intenable. Quant à la fameuse « étude d’impact », qui devait apporter la lumière, elle sème surtout le doute. Enfin, comme un coup de grâce, le Conseil d’État a rendu le 24 janvier un avis on ne peut plus sévère. La plus haute juridiction de la République dit ne pas pouvoir assurer « la sécurité juridique du projet », faute d’avoir eu le temps de l’examiner.

« Le temps », c’est désormais le maître mot de la bataille politique qui s’engage. Il est l’allié naturel de la démocratie. Il n’est visiblement pas l’ami du gouvernement. Plus c’est confus, et plus celui-ci se montre empressé. Il accorde généreusement quatre jours aux députés pour examiner un texte qui vient tout juste de leur être communiqué. Cela, alors que l’on découvre, presque fortuitement, de nouvelles contre-vérités. Ainsi, la part des retraites dans le PIB devait être constante. L’étude d’impact révèle qu’il n’en sera rien. La majoration des pensions à chaque naissance devait être favorable aux femmes, elle risque le plus souvent de profiter aux hommes. Et l’ombre du patronat continue de planer sur le scandale de la pénibilité. Cette pénibilité, refusée aux métiers les plus rudes, et insidieusement remplacée par l’invalidité, une fois le mal constaté. Quant à l’âge pivot, comme l’horizon, il recule à mesure que l’on avance. On devine aussi que la « règle d’or budgétaire » va sérieusement fragiliser les promesses d’augmentations faites aux enseignants. Et tout à l’avenant… Pas étonnant dès lors que la précipitation du gouvernement renforce le soupçon. Quelles vérités sont encore sous le boisseau ?

Le débat sur la démocratie existe donc bel et bien. Cette démocratie qui, telle que nous l’entendons, ne peut s’accommoder de la dissimulation. Face à toutes ces contestations, le verdict de la présidentielle de 2017 est de peu de poids. Le problème, il est vrai, dépasse Emmanuel Macron. C’est celui de la Ve République. Le suffrage universel ne peut pas être une arnaque suivie d’une sorte de bras d’honneur. C’est bien pourquoi, le moment venu, un projet d’une telle ampleur devait faire l’objet d’une vaste campagne d’information et d’une consultation spécifique. Il est encore temps ! Sinon, c’est la ruse qui l’aura emporté. Et Macron, qui n’est évidemment pas un dictateur, aura affaibli une démocratie à laquelle il ne garantit pas le plus bel avenir. Notre président est un démocrate dans le genre de Tocqueville, qui disait avoir un goût prononcé pour « les institutions démocratiques », tout en avouant être « aristocratique par instinct ». Avant d’ajouter crûment : « Je méprise et crains la foule. » Toute ressemblance…

(1) Démocratie, histoire politique d’un mot (éditions Lux, 2019).

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