Eau : le passage régie publique ne présente que des avantages

La régie publique : que des avantages

La régie publique : que des avantages

C’est le message qu’ont fait passer aux Gervaisiens Jean-Claude Oliva, directeur de la coordination Eau Ile-de-France et Gabriel Amard, ex-président de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne (2004-2014). Ce dernier venait témoigner de l’expérience du passage en régie publique de la gestion de l’eau qu’il a menée sur ce territoire.
Invités à l’initiative du Collectif Eau du Pré-Saint-Gervais, les deux intervenants ont parlé de leurs expériences, des luttes passées et de celles à mener pour mettre en place une régie publique de l’eau sur Est-ensemble.

Sortie du Sedif : un premier pas 
Après s’y être opposé à plusieurs reprises au cours des dernières années, le conseil de territoire d’Est-Ensemble a voté le 19 décembre 2017 la sortie du Sedif !

Même s’il faut rester prudents, ce vote traduit une évolution et une méfiance croissante de la population et des élus à l’égard des grandes multinationales (Veolia, Monsanto, Lactalis etc.).
Suite à cette décision et à celle de plusieurs autres territoires (Plaine commune, Grand Orly Seine Bièvre), de nombreux collectifs Eau Ile de France se sont créés dans les villes pour appuyer le passage en régie publique et pour dénoncer l’opacité de la gestion de ces multinationales.
Cette tendance est soutenue par les médias et la justice qui, dernièrement, ont souvent été dans le sens des collectifs (notamment pour dénoncer les coupures d’eau). C’est le cas de la multinationale Veolia qui nous intéresse ici.

Régie publique : un modèle à inventer
Le vote du 19 décembre dernier donne deux ans aux collectifs pour faire pression sur les élus et obtenir qu’ils préparent leur autonomie par rapport au Sedif.
Si la décision est prise d’inventer notre régie publique (RP) de l’eau, il nous restera ensuite encore 3 années comme cocontractants avec Veolia avant d’être autonomes.
Cette régie publique ne devra pas être un Sedif bis. Pas de gigantisme qui éloigne la population. Il s’agit de créer des régies publiques à taille humaine, à la direction desquelles la population sera partie prenante. Ce mode de fonctionnement permettra la coopération des unes avec les autres si besoin, ou avec Eau de Paris… Et d’autres possibilités restent à inventer.

Pourquoi l’eau pourrait-elle être moins chère ?
Les travaux d’infrastructure nécessaires au passage en régie coûteront entre 50 M€ et 130M€. Mais contrairement à ce qu’affirment parfois certains détracteurs du service public, ces sommes ne seront pas la charge des villes : il ne s’agit pas d’impôts locaux, mais d’un investissement qui sera payé à travers nos factures d’eau. De plus, la régie publique pourra définir la durée d’amortissement de ces infrastructures, permettant ainsi d’alléger la facture. Il lui est également possible, contrairement aux structures privées de contracter des dettes à faible taux et sur une longue période auprès de la Caisse des dépôts.
En France, 24 000 villes et communes sont en régie publique contre 11 000 gérées par le privé. Il existe un savoir-faire public qu’il faut exploiter. L’entraide, la mutualisation, l’expertise s’échangent d’une commune à l’autre, d’une ville à l’autre.
L’une des raisons à l’origine du prix plus élevé de l’eau gérée par une société privée, c’est la rémunération de métiers qui ne sont pas directement liés à la gestion de l’eau (directeurs commerciaux, bureaux d’études, etc.). Autant de métiers qui n’ont rien à voir avec le traitement de l’eau et que nous n’aurons plus à rémunérer dans une régie publique ! Gabriel Amard fait remarquer que ce sont bien les contribuables qui paient, aujourd’hui, les impôts dus par Veolia… autant d’économies que permet une régie publique, qui n’est pas tenue de payer l’impôt sur les sociétés.
De même, le poste « Recherche » que fait payer Veolia dans nos factures n’a jamais donné lieu à aucune « découverte » ni amélioration du traitement de l’eau et de son réseau.
En régie publique, les excédents budgétaires sont réinvestis contrairement au privé, où ils servent à rémunérer les actionnaires.
Aujourd’hui, sur une même commune, et selon les utilisateurs, il existe de nombreux tarifs différents pour l’eau distribuée par le prestataire Veolia.

Une jungle qu’il est très difficile de bien comprendre. En régie publique le prix de l’eau sera entre les mains de l’autorité organisatrice, à savoir Est-Ensemble. C’est elle qui fixera le prix de l’eau ; la décision sera prise collectivement, par les élus.
C’est donc maintenant qu’il faut convaincre la population de faire pression sur ses élus pour préparer le passage en régie publique. Et pour exiger d’être tenus informés des étapes et des décisions pour y parvenir.
La régie publique, c’est possible : elle est devant nous. A nous de l’obtenir.

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