Retour en gestion publique de l’eau : les faux arguments du maire pour s’y opposer

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Jeudi 29 juin, le groupe A Gauche autrement déposait un voeu en faveur du retour en régie publique de l’eau et proposait diverses solutions. Le maire du Pré-Saint-Gervais, et président d’Est ensemble, s’y opposait avec des arguments auxquels nous répondons ci dessous.

=>Le maire : La sortie d’une ou plusieurs villes du système de gestion de l’eau choisi par Est ensemble (comme le souhaitent Montreuil et Bagnolet) est illégale. Autrement dit, contrairement à ce qui figurait dans le voeu soumis initialement, il n’est pas possible que Montreuil ou Bagnolet choisissent un mode de gestion de l’eau distinct de celui des autres villes d’Est ensemble.

C’est faux. L’étude du cabinet d’avocat Seban (réalisée pour l’EPT12) montre strictement le contraire. Voir ici la présentation de l’étude et un lien vers l’étude elle-même.  La décision revient à Est Ensemble ou aux autres territoires, mais Bagnolet ou Montreuil peuvent demander au territoire de respecter leur choix.

=>Le maire : La majorité socialiste est théoriquement tout à fait favorable à un retour en gestion publique de l’eau mais, ce qui y fait obstacle, ce sont les conditions techniques de ce retour très coûteuses.

Cet argument est  fantaisiste. Les résultats des études menées par Est Ensemble montrent que même avec des hypothèses défavorables pour la régie, les tarifs se tiennent (Voir ici Plus généralement il faut séparer le choix politique de la régie de la question technique de l’approvisionnement. Créons une régie d’Est Ensemble, chargée dans un premier temps de la facturation, de la distribution et de l’entretien du réseau et achetons de l’eau au SEDIF et à Eau de Paris, selon les lieux.(Voir ce que propose ,Jacques Perreux dans l’EPT12.

=>Le maire : Dans le cas où Est ensemble rejoindrait Eau de Paris, le prix (avantageux) de l’eau pratiqué par Eau de Paris ne s’appliquerait pas aux usagers d’Est ensemble, qui paieraient plus cher. 

Pourquoi ? A partir du moment où on sort du contrat avec Veolia, Est ensemble ne versera plus de bénéfices léonins  à cette entreprise, ce qui  permettra des économies substantielles. Voir à ce sujet dans Le Figaro (2 8 juin 2017).

=> Le maire : Est ensemble ne serait pas associé à la gouvernance d’Eau de Paris et serait donc en position de « subir » les décisions de Paris.

Si Est Ensemble créée sa régie, ce n’est pas Paris qui la dirigera... D’autre part, il faut nous expliquer en quoi Est Ensemble est associée jusqu’à présent à la gouvernance du SEDIF.  Est Ensemble ne parvient pas à empêcher les coupures d’eau, ni la ponction massive de fonds opérée par Veolia au SEDIF (voir encore cet article) A moins qu’Est Ensemble en soit complice?

=> Le maire :  Est ensemble (et Eau de Paris) se retrouveraient momentanément dans l’obligation d’acheter l’eau à Veolia.

C’est vrai, jusqu’à la fin du contrat avec Veolia en 2022, Est Ensemble gérerait la partie du contrat qui le concerne (hors SEDIF) en relation directe avec Veolia.  Mais sans passer par le SEDIF.

=> Le maire :  la majorité socialiste préconise d’exiger du Sedif qu’à la fin du contrat, il finance une étude sur le coût d’un retour en gestion publique.

Ce sera trop tard et il n’y aura plus alors de possibilité de sortir du SEDIF.

=> Le maire :  La question de la gestion publique de l’eau doit se régler à l’échelle de la métropole.

Non, ce n’est pas la métropole qui a la compétence pour l’eau mais les établissements publics territoriaux -comme Est Ensemble. Il faut assumer ses responsabilités!

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