Fermetures de classes au Pré : mobilisation collective lundi 13 avril

rentreeA l’approche des préparatifs de la rentrée 2015, les mauvaises nouvelles pleuvent concernant les conditions de travail des enfants du Pré. En effet, l’Inspection académique envisage très sérieusement de fermer une classe à l’école élémentaire Anatole-France, sans en ouvrir dans d’autres écoles de la ville,  alors qu’il n’y a pas de baisse démographique.  Bien au contraire, une augmentation des effectifs d’élèves est prévue, et elle sera encore renforcée par les arrivées de familles dans les nouveaux logements à livrer très prochainement. Au collège,  ce sont deux classes de sixième qui pourraient être supprimées à la rentrée.

Si rien ne change, la rentrée sera très tendue, avec des classes surchargées et des conditions d’apprentissage et d’enseignement dégradées.  Le Pré n’est pas le seul touché, loin de là, et de nombreuses villes de Seine-Saint-Denis sont dans une situation identique, voire pire (Saint-Ouen, Aubervilliers, Saint-Denis…). Où sont donc les moyens supplémentaires promis par le gouvernement et la priorité à l’éducation ?

Une mobilisation est prévue lundi matin 13 avril devant l’Inspection à Bobigny, à 11h30. Toutes les bonnes volontés sont attendues pour faire valoir le droit des enfants à étudier dans de bonnes conditions, et le faire valoir très fort !

C’est en effet le triste constat de ce jeu de dupes qu’est désormais devenue la lutte contre « l’austérité scolaire » : certes, les directeurs académiques, soumis à un budget en constante restriction, doivent répartir rationnellement les heures, les enseignants, les classes, en fonction des besoins. Mais en cas de problème, c’est bien souvent la ville qui crie le plus fort et se fait entendre le plus largement, via les parents, les enseignants, les élus, qui  « gagne ». Comment expliquer, sinon, que les banlieues populaires, où le rôle de l’Education nationale est particulièrement primordial, soient largement moins bien dotées en moyens pour leurs enfants ?

La vraie raison pour laquelle nous avons été privés de 2e tour

Voici la réponse de Serge Volkoff, conseiller municipal A gauche autrement, à l’intervention du maire affirmant en conseil municipal du 31 mars 2015 que  l’accord passé entre PS et PC avait permis de maintenir le département à gauche.

« La déclaration que nous avons lue était une explication de vote, mais compte tenu de la réponse que l’on vient d’entendre,  nous voulons  préciser les choses.

Vous pouvez tenter de convaincre les citoyens qu’il fallait absolument n’avoir qu’une liste au second tour dans ce canton pour conserver une majorité de gauche au Conseil départemental, mais avec un peu de sens civique, ou même un peu de bon sens, on voit bien que ce n’est pas le cas.

Quand un candidat de gauche, éliminé, appelle à voter pour un autre qui est qualifié, les électeurs ont le choix de suivre cette consigne ou non ; et puis cela peut réellement aider à devancer la droite au second tour. Mais quand un candidat de gauche, arrivé deuxième avec une trentaine de points de moins que celui qui est en tête,  est poussé à se retirer, ça prive les électeurs (tous les électeurs) de choix, et ça ne change rien du tout au résultat.

Et donc il faut comprendre quelle est la vraie raison pour laquelle nous avons été privés de deuxième tour, et les électeurs avec nous. Cette raison, on peut la trouver dans les propos de Claude Bartolone, qui a eu en février cette formule très médiatisée : « en France il n’y a pas d’avenir à gauche du PS ». C’était présenté comme un constat, peut-être un pronostic. Mais nous pensons qu’on peut considérer cela comme un souhait, et même un objectif : « il ne faut pas qu’il y ait d’avenir à gauche du PS, et nous, parti socialiste, nous y travaillons ».

C’est cohérent : quand on ne mène pas une politique de gauche sociale écologiste et citoyenne, on va seulement veiller à « se border à gauche ». On fait tout pour que les forces alternatives fassent certes un peu d’audience (on en a besoin pour les seconds tours), mais pas trop, et pas ensemble.  Et surtout pas, justement, quand la droite n’est plus là et que l’appel au vote utile ne va pas marcher. Et donc, cette gauche sociale, écologiste et citoyenne, si elle est 3ème ou 4ème elle ne va pas au second tour. Et si elle fait 2ème, eh bien, pas non plus.

Tout cela ne fait pas un projet politique, mais au moins, disons, une stratégie de subsistance électorale, même au prix de l’écœurement chez une partie des citoyens. Après quoi on peut toujours afficher que l’on a « rassemblé à gauche », alors que dans la vraie vie ce n’est pas un rassemblement, et pas à gauche non plus.

Les citoyens s’invitent au conseil municipal

Pour ceux qui n’auraient pas pu se rendre en personne au conseil municipal du 31 mars (et il y en a !) ou ceux qui n’auraient pas compris la raison pour laquelle une seule liste PS était présente au second tour des élections, voici un résumé de ce qui s’y est produit.

Au lendemain du second tour de l’élection départementale, une quinzaine de Gervaisien-ne-s viennent en début de séance marquer leur protestation vis-à-vis de l’éviction de la liste d’alternative à gauche soutenue par A Gauche autrement .

Catherine Sire, conseillère municipale du groupe A Gauche autrement, intervient alors avec une première déclaration, déclarant en substance que les conseillers du groupe n’accepteront pas de siéger dans un conseil municipal alors que la veille, suite à un accord du PS et du PC départementaux, leur liste n’avait pu être présente (voir déclaration).

Gérard Cosme, le maire, répond alors qu’il ne s’agit pas d’un « arrangement », mais d’un accord ayant permis la victoire de la gauche dans le 93.
Quelques applaudissements d’une partie de la majorité municipale retentissent (on imagine qu’ils applaudissaient ladite victoire départementale ; et donc ne se souciaient guère du déni de démocratie que nous venions de dénoncer).

Voici la réponse que lui apporte alors Serge Volkoff, conseiller municipal AGA, celle ci-jointe (à peu près reconstituée – celle qui figurera au PV sera sans doute un peu différente).

Nouvelle réaction du maire, rappelant le résultat du département, et parlant des adversaires « de droite et d’extrême droite »,… ce qui fait cette fois fait réagir l’opposition UMP, d’où des échanges entre ceux-ci et le maire, ce qui ne nous concernait plus
Comme annoncé, nous avons quitté nos places et assisté au reste du Conseil municipal depuis l’emplacement réservé au public.