Ce dont on ne parlera pas au prochain conseil municipal

Développement urbain, animation de la ville, densification, sécurité… Tous ces sujets font partie des préoccupations des Gervaisiens et de leurs élus. Pourtant, ils ne feront l’objet d’aucun débat au sein de votre conseil municipal… suite à l’adoption du règlement intérieur au Conseil municipal du 13 octobre 2014.

démocratie confisquée

Ce règlement indique que c’est le maire qui décide de l’ordre du jour de cette assemblée : ça, c’est la loi. Mais lundi, toute la majorité PS-PCF a rejeté notre demande qu’un conseiller municipal puisse proposer de soumettre un sujet à l’ordre du jour. Soyons bien clairs : nous ne contestions pas le droit du maire à accepter ou non un sujet qui lui serait proposé, non. Nous demandions simplement la possibilité d’évoquer ce sujet et de pouvoir défendre l’idée que le Conseil Municipal devrait en discuter. Malgré notre insistance, et ce qui nous semblait être des arguments de bon sens, nous nous sommes heurtés à un refus catégorique du maire.

Comment, alors, un élu peut-il intervenir, sur un point qu’il juge important ? Dans sa grande mansuétude, le règlement intérieur concocté par la majorité a autorisé les élus à poser des questions écrites ou orales, à la condition de les avoir soumises au maire plusieurs jours avant la tenue de l’assemblée. Mais attention : cette question, quelle qu’elle soit, ne devra donner lieu « ni à débats, ni à vote ». Pas de vote, ça on comprend, puisque les décisions ne peuvent être prises que sur des points à l’ordre du jour. Mais pourquoi « pas de débats » ? Il nous faudrait donc attendre patiemment la réponse que le maire, ou la personne en charge du domaine, jugera bon d’asséner, sans réplique ?

Cela reste pour nous une énigme : pourquoi le maire – et sa majorité avec lui – au lieu de tirer parti des débats vivants et utiles que le Conseil pourrait mener, ont-ils au contraire pour principal objectif de limiter toute intervention, tout débat qui ne soit pas dirigé, encadré et corseté par ladite majorité ?

Comme l’a dit le maire à plusieurs reprises, « nous n’avons pas la même conception de la vie démocratique ». Voilà qui est bien vrai. Et nous avons la faiblesse de penser que, dans une ville et une époque où chacun tend à se replier sur ses intérêts individuels, c’est notre « conception », notre idée simple qu’on a besoin de décoincer la vie politique et non de la quadriller, qui mérite d’être défendue. Par ailleurs, c’est l’injonction d’un éminent conseiller municipal du Pré-Saint-Gervais, Claude Bartolone, dans son dernier livre Je ne me tairai plus. Alors messieurs ! Suivez le guide !

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