Budget 2021 de la Sécurité sociale : « Les députés ont cautionné de nouvelles économies imposées à l’hôpital public »

Nous reprenons ici une tribune libre lancée par le collectif Inter Hopitaux.

Tribune CIH –

Le 29 octobre, à la veille du reconfinement, l’Assemblée nationale a voté en première lecture le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2021. Alors que le gouvernement et les députés de la majorité se félicitent de ce budget hors normes pour soutenir le système de santé, les collectifs de soignants continuent de dénoncer l’insuffisance de moyens.

Bien que des milliards d’euros aient été annoncés après le Ségur de la santé de cet été, comment comprendre que les soignants continuent de quitter l’hôpital public ? Seraient-ils, comme certains aiment le faire croire, d’éternels insatisfaits voire des ingrats malgré les efforts consentis par la nation ? Ou bien sont-ils tellement attachés à leur métier et aux valeurs du service public qu’ils partent meurtris et découragés par leurs conditions de travail ?

Tribune CIH LeMonde 6112020

Il est compliqué de comprendre qu’une augmentation des dépenses de santé de quelques milliards chaque année correspond en réalité à une économie de quelques milliards imposée au système de santé. En effet, l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam), voté chaque année pour la ville et l’hôpital dans le cadre du PLFSS depuis dix ans, ne couvre pas les besoins.

Variable d’ajustement

L’évolution tendancielle des dépenses de santé est chaque année de 4 % environ (correspondant, entre autres, à l’évolution des charges fixes, du coût des pratiques et innovations médicales). Or, l’Ondam voté depuis 2008 n’a jamais dépassé 2,4 %, ce qui est revenu à voter des économies de 1,5 à 2 % chaque année. Voilà ce qui permet aux ministres de la santé successifs de communiquer sur l’augmentation du budget… alors que ce sont des économies qui sont imposées.

L’hôpital public a été la variable d’ajustement permettant de tenir l’Ondam : entre 2008 et 2017, 10 % des établissements ont disparu, 15 % des lits ont fermé, le virage ambulatoire a fortement restructuré les hôpitaux et conduit à ce que les patients qui restent hospitalisés soient ceux pour lesquels la charge en soins est la plus lourde. Dans le même temps, la désertification médicale a amené l’hôpital à devenir le seul recours aux soins vingt- quatre heures sur vingt-quatre dans de nombreux territoires.

Ainsi, l’activité hospitalière n’a cessé de croître : doublement du nombre de passages aux urgences en dix ans, augmentation de 5 % du nombre d’hospitalisations, effets du virage ambulatoire… La productivité hospitalière a augmenté de 15 % alors que, dans le même temps, sa masse salariale n’augmentait que de 2 % et que les dépenses d’investissement chutaient de façon dramatique. Lire aussi: Coronavirus : la doctrine de la fermeture des lits à l’hôpital « est venue se fracasser sur l’épidémie .

Les conséquences de ces dix années d’austérité sont désormais bien connues : maîtrise de la masse salariale conduisant à des sous-effectifs chroniques, intensification et déshumanisation du travail poussant les soignants à quitter l’hôpital public, dégradation du pouvoir d’achat des agents hospitaliers. Quand l’évolution des salaires du privé était de +1,6 % entre 2009 et 2015, elle a été de -0,3 % pour les soignants de l’hôpital.

Une revalorisation salariale insuffisante

La pandémie de Covid-19 a fait apparaître au grand jour la fragilité de l’hôpital public. Le gouvernement a été contraint à une revalorisation salariale présentée comme sans précédent mais qui semble encore insuffisante pour les hospitaliers. Pourquoi ? Parce que les revalorisations ne sont pas encore arrivées sur les bulletins de salaire d’un grand nombre d’entre eux et qu’elles ne seront pas suffisantes pour enrayer la fuite des personnels entre deux vagues de la pandémie. Les infirmières, sous-payées, occupaient la 28e place des rémunérations dans le classement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les revalorisations du Ségur, encore insuffisantes, les amèneront au 18e rang

Olivier Véran, le ministre des solidarités et de la santé, s’est félicité d’un PLFSS 2021 de « responsabilité ». Qu’en est-il en réalité pour l’hôpital public ? Indépendamment des surcoûts liés à la pandémie, près de 10 milliards supplémentaires sont nécessaires par rapport au budget voté pour 2020 (84,4 milliards) afin de couvrir les revalorisations salariales, embauches, le financement des investissements et l’augmentation des charges fixes. Or pour 2021, le PLFSS annonce un Ondam de 92,9 milliards, soit un défaut de recettes de près de 2 milliards. Ce budget ne permet donc pas de financer la totalité des mesures annoncées par le Ségur de juillet 2020 (7,5 milliards), les investissements et reprise de dette (1,6 milliard) et l’augmentation connue de 2 à 3 % des charges fixes hospitalières. Le Parlement vient donc de cautionner par son vote de nouvelles économies imposées à l’hôpital public.

« LORSQUE L’OBJECTIF PARTAGÉ PAR TOUS N’EST PLUS LA RENTABILITÉ FINANCIÈRE MAIS LA QUALITÉ ET LA SÉCURITÉ DES SOINS, L’EFFICACITÉ EST AU RENDEZ-VOUS »


L’épidémie de Covid-19 a aussi montré la grandeur du système hospitalier. En mars et avril, au plus dur de la première vague, les professionnels hospitaliers ont décrit une « parenthèse enchantée » dans le fonctionnement hospitalier : cette crise a montré que c’est bien la solidarité au sein des équipes, entre services et avec l’administration qui a permis de faire face. Lorsque l’objectif partagé par tous n’est plus la rentabilité financière mais la qualité et la sécurité des soins, l’efficacité est au rendez-vous, et le travail retrouve du sens. Le professionnalisme de chacun a été mis au service de la collectivité, c’est le sens des missions de l’hôpital public.

Il a été possible d’adapter les moyens humains et matériels (notamment en nombre de lits) aux besoins, et cela a permis en quelques jours de totalement réorganiser l’hôpital public. Malheureusement, dès l’été tout cela a disparu avec le retour à « l’anormal » : sous-effectifs, plannings variables, manque de reconnaissance, perte de sens… Les départs de soignants ont continué et nous affrontons en ce moment la deuxième vague avec moins de moyens qu’en mars. Faute de personnel, dans de nombreux hôpitaux, des lits sont fermés. Les mesures annoncées pendant le Ségur n’ont pas été à la hauteur pour améliorer les conditions de travail.

C’est en connaissance de cause que le Parlement impose de nouvelles économies à l’hôpital public. Les conséquences seront mesurées dans les semaines qui viennent car, cette fois-ci, nous ne sommes pas certains de contenir la vague.

Premiers signataires, pour le Collectif inter-hôpitaux (CIH) : Marie Citrini, représentante des usagers, coprésidente du CIH, Paris ; Nathalie De Castro, médecin, Paris ; Laurence Gembara, médecin, Clermont-Ferrand ; Anne Gervais, médecin, Paris ; Marion Malphettes, médecin, Paris ; Sophie Michallet, infirmière, Grenoble ; Florence Pinsard, cadre de santé, Pau ; Isabelle Simon, médecin, Compiègne ; Cécile Vigneau, médecin, Rennes.

Face au confinement 2, faisons du commun

Comment lutter contre l’isolement et le chacun pour soi ? Alors qu’une nouvelle période de confinement strict démarre, il est essentiel de mettre en place des solidarités, de faire du commun.

Comment pouvons-nous aider à répondre aux besoins sanitaires et économiques et aider les ménages les plus fragilisés par cette crise ?

Ne pas attendre . S’entraider. Mettre en commun nos idées et nos intelligences. A l’image de tous ces bénévoles qui n’ont pas attendu en mars pour réaliser des masques, mettre en place des collectes alimentaires, aider les soignants, faisons du commun.

À Gauche Autrement propose

  1. D’associer le plus grand nombre de citoyens à la réflexion conduisant aux décisions au niveau de la ville

Par exemple, comme le fait la Ville de Grenoble, lançons un comité de liaison citoyen afin d’associer les Gervaisiens au processus décisionnel. Il pourrait être composé d’associations qui ont l’expertise et l’expérience d’un certain nombre des problèmes à gérer dans la période (Croix rouge, Restos du cœur par exemple), d’associations ayant de par leurs activités une bonne appréhension des besoins des plus démunis, d’associations proches et bien connues des Gervaisiens. Il devrait aussi y avoir en son sein un ou des représentants du corps enseignant, des conseils d’école, du Centre de loisirs,  du CCAS (du service d’aide à domicile, des soins infirmiers , etc.), de personnes ayant œuvré dans la ville pour les habitants, et sans doute d’autres non mentionnées. Une mobilisation générale pour faire du commun.

  1. Des mesures spécifiques dont la liste ci-dessous n’est pas du tout exhaustive 
  • Il faut veiller au versement ponctuel des 150 euros décidé par le Gouvernement avant le confinement ; même si ce ne sera pas suffisant pour permettre aux plus pauvres de vivre (on met fin aux emplois d’appoint ou aux contrats de courte durée qui permettent aux ménages précaires de compléter leurs revenus modestes).
  • Mise en œuvre immédiate du chèque alimentaire telle que l’a proposé la Convention Citoyenne pour le Climat, proposition que le chef de l’État s’était engagé à appliquer. 
  • Bien qu’on ne soit pas dans la même configuration que lors du 1er confinement car les restaurants scolaires restent ouverts, des aides pour payer les repas peuvent être apportées directement (diminution du prix du repas), mais aussi à ceux qui rentrent chez eux car le repas est trop coûteux pour ces familles.
  • Mise en place d’une plate-forme de solidarité et d’entraide
  • En lien avec cette plate-forme, recrutement de personnes dédiées à accompagner les Gervaisiens, notamment les plus vulnérables, pour rendre des services et répondre à leurs besoins du quotidien. Ce service serait en lien sans doute avec le CCAS pour aider : livraison de courses ou médicaments (sur ordonnance) à domicile, dépôt d’attestations de déplacement dérogatoires, etc
  • Une partie du budget communication/représentation de la ville ne sera sans doute pas utilisé. Ce budget non dépensé doit être reventilé et dédié spécifiquement aux conséquences du confinement.
  • Que la librairie Temps livres ne fasse pas simplement « du commander et venez chercher » mais soit ouverte ! On a vu qu’elle sait faire en respectant les règles strictes. Parce que la culture fait partie des besoins essentiels. Parce que nous ne voulons pas voir disparaître notre librairie au profit d’Amazon.
  • À vous…

   

Hommage républicain à Samuel Paty au Pré-saint-gervais

À Gauche Autrement appelle tous les habitants et toutes les habitantes de la ville à participer à l’hommage républicain organisé ce mercredi 21 octobre à l’appel de toutes les forces politiques représentées au conseil municipal.

Rendez-vous à 18h00 ce mercredi 21 octobre devant le collège Jean-Jacques Rousseau.

@Crédit Photos Jean-Michel SICOT

Rassemblement hommage à samuel paty

À Gauche Autrement se joint à l’appel lancé par l’hébdomadaire Charlie Hebdo, plusieurs syndicats d’enseignants et des fédérations de parents d’élèves à un rassemblement ce dimanche 18 octobre Place de la République à Paris.

« Ce vendredi à Conflans-Sainte-Honorine, Samuel Paty a été assassiné devant le collège où il enseignait l’histoire et la géographie. Victime d’un attentat perpétré au nom d’une conception dévoyée de l’Islam, il était depuis plusieurs jours la cible d’une vindicte publique.

Pourquoi cette vindicte ? Parce qu’il avait montré des caricatures de Mahomet dans l’une de ses classes où il étudiait avec ses élèves la liberté d’expression.
Comme tout enseignant, il cherchait ainsi à préparer des jeunes à l’exercice de l’esprit critique, condition essentielle à une pleine citoyenneté.

Face à cette horreur, nous appelons les citoyennes et les citoyens, dans le respect des gestes barrières, à se rassembler ce dimanche 18 octobre à 15h sur la place de la République à Paris.

Nous nous rassemblerons pour dire des choses simples et importantes:

Que nous pensons à Samuel Paty ainsi qu’à ses proches endeuillés.
Que les enseignants doivent être soutenus dans l’exercice de leur métier.
Que nous sommes attachés à la liberté d’expression et que nous refusons les logiques extrémistes et obscurantistes.
Que nous sommes attachés à la laïcité, qui garantit la liberté de conscience.
Que ça n’est pas par la haine que nous répondrons à la haine qui a coûté la vie à Samuel Paty mais par la promotion de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. »

La directrice d’ecole Christine Renon s’est suicidée il y a un an, une marche contre l’oubli a lieu samedi 26 Septembre

Un an jour pour jour. Cela fait un an que Christine Renon, directrice d’école à Pantin a mis fin à ses jours. Une marche contre l’oubli est organisée samedi 26 septembre.

Le drame avait bouleversé toute la communauté éducative et de nombreux citoyens à Pantin, au Pré-Saint-Gervais et dans beaucoup de villes de notre département. Le collectif Chrisine Renon appelle ce samedi à marcher ensemble contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation. À Gauche Autrement se joint à cet appel.

« Pour faire face, faisons front : marche du 26 septembre ensemble contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation !

Il y a un an, Christine Renon, enseignante à Pantin, se suicidait sur son lieu de travail. Dans une lettre accablante, elle dressait un constat dramatique de la charge qui pèse sur les épaules des directrices et directeurs d’école quand les reformes s’empilent et que les moyens s’amoindrissent. Ces contraintes entravent le sens que tous les professionnels de l’éducation donnent à leur métier » écrit le collectif Christine Renon.

« Il ne s’agit pas simplement d’une problématique de « sécurité́ publique » ou de détresse personnelle, comme cela a pu être dit. Il ne s’agit pas non plus de saupoudrer de quelques millions nos services publics. Il s’agit d’un département, la Seine-Saint-Denis, jeune, peuplé, dynamique, mais aussi le plus pauvre de France métropolitaine. En regard, un service public de l’éducation exsangue, loin d’être à la hauteur de l’enjeu, du chagrin, de l’espérance. Rappelons cette injustice folle, énoncée dans un rapport d’information parlementaire en 2018 : « Le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis ».

Ce climat s’est encore aggravé avec la crise sanitaire que nous traversons. Nous avons entendu les discours promettant de lutter contre les inégalités à l’école, en particulier dans le 93. Depuis, rien n’est venu. Dans nos écoles, pour les équipes éducatives et pour les élèves, rien n’a changé́. La situation sociale et économique des familles s’est même dangereusement détériorée dans le département. Ici, on peut mourir dans l’indifférence. Ici, nous marcherons pour exiger d’être entendus, comme tous les citoyens du territoire et pour que les noms de Christine, Kewi et Djadje, mais aussi d’Oliver, Aboubacar, Henry, Fossary , enfants du 93 et des quartiers populaires, ne soient pas oubliés. Ici, nous réclamons une école publique sereine et émancipatrice, pour les enfants, leurs parents et leurs enseignants.« 

Financer une fOrÊt urbaine…Impossible ?

Financer des forêts urbaines, c’est possible même en Seine-Saint-Denis ! Et c’est même la majorité départementale, la même qu’à la mairie du Pré Saint-Gervais, qui le dit… Alors, impossibilité réelle ou frilosité ? Manque de moyens ou poursuite des vieilles habitudes de construction partout, tout le temps, au profit des promoteurs ?

On a lu dans Le Parisien :

« Plantation de 30 000 arbres en dix ans, forêts urbaines, développement de la biodiversité… Le conseil départemental a voté le 11 juin son plan Canopée avec un budget d’investissement de 60 M. »

« Création de deux « forêts urbaines » par an »

Le conseil départemental s’est également engagé à créer deux forêts urbaines par an, pour un budget assez coquet : un million d’euros par an. « Ce sont des petites surfaces sur lesquelles on va venir planter une grande diversité d’arbres pour créer des îlots de fraîcheur », explique le département.

« Pendant longtemps, on a pensé les espaces verts en termes de parcs, de grands aménagements. Là, on va essayer de changer notre approche en donnant de la place aux arbres au cœur des villes
», souligne Stéphane Troussel.

Extrait de la brochure d’information éditée par le département pour vanter son plan vert…

Chez nous au Pré, l’association Le Pré en Transition qui se bat depuis des mois pour l’implantation d’une forêt urbaine sur le site de Busso rappelle et à juste titre :

« Une forêt nécessite une surface minimum de 5 000 m2. L’implanter sur l’ancienne usine Busso au Pré Saint Gervais est possible C’est le dernier espace de cette taille disponible. Il n’y en aura plus d’autre. »

Ce n’est pas anodin. Le dossier Busso n’est pas une occasion, c’est la dernière chance de redonner un peu d’air à notre ville.

Faites reparer votre vÉlo et Tous en Selle !

Nos amis de l’association Écologie Pour Tous au Pré font, une fois de plus, oeuvre d’utilité publique en organisant samedi prochain un répare-vélo devant la mairie du Pré.

Votre vélo a des petits soucis ? Pas moyen (ou les moyens) d’avoir un rendez-vous chez un réparateur ? Vous ne savez pas faire vous-même ?

Les bénévoles du répaire-vélo vous attendent pour vous aider à remettre votre vélo en état gratuitement. Au passage vous pourrez apprendre à faire vous même.

Écologie au Pré vous attend à son Répare-vélo, samedi prochain, samedi 27 juin de 14h00 à 18h00 sur la place devant la mairie.

Hôpital public. Pas de retour à l’anormal !

Nous publions ci-dessous l’interview d’Anne, infirmière puéricultrice à l’hôpital Robert Debré et habitante du Pré Saint-Gervais.
Anne revient sur la situation à l’hôpital public, la lutte des personnels soignants et leurs revendications.

« Il ne faut rien lâcher  » dit-elle.  Pas de retour à l’anormal.

À Gauche Autrement : Peux-tu te présenter ?

Anne, infirmière puéricultrice. J’ai 53 ans. Je travaille à l’hôpital Robert-Debré depuis presque 30 ans. J’ai travaillé dans différents services dont l’hématologie qui soigne les leucémies et les lymphomes de l’enfant, ou le Centre de la Drépanocytose. Depuis 13 ans, je suis infirmière ressource douleur. C’est un poste transversal dont la mission est à la fois d’évaluer et traiter la douleur des patients, de former le personnel, de participer à la recherche et à la publication d’articles. Pour mener mes missions je me suis formée dans les techniques non médicamenteuses : hypnose, aromathérapie et un peu les massages. J’utilise ces ressources quotidiennement pour soulager, détendre, offrir de nouvelles ressources aux patients et rendre les médicaments plus efficaces.

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À Gauche Autrement : Quelle est la situation à l’hôpital Robert Debré ?

Aujourd’hui, l’activité reprend son cours. Les consultations non urgentes ont repris ainsi que les interventions chirurgicales. Mais les chambres restent individuelles (au lieu des chambres doubles). Ce qui entraîne une réduction des lits. Les entrées sont filtrées strictement et un seul accompagnant est autorisé pour les consultations. Les visites sont restreintes. Le port du masque est obligatoire en permanence. Celui-ci reste contingenté pour les soignants qui en ont 2 ou 3 par journée de travail selon les horaires. Nous craignons que ces réductions de lits se pérennisent et entraînent une poursuite de la réduction du personnel. Il y a eu beaucoup d’annonces mais c’est confus pour nous aussi. Concrètement, on est revenu au monde d’avant…

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La vente à la découpe de la Seine-Saint-Denis et de la banlieue, ça suffit !

Dans une tribune parue dans Libération, plusieurs personnalités et militants associatifs du 93 s’élèvent contre la gestion par l’état et les collectivités locales, dont Est Ensemble, des derniers terrains disponibles en Seine-Saint-Denis.

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La Seine-Saint-Denis est un territoire dense, qui cumule les inégalités mais qui recèle encore un peu de foncier et d’espaces naturels disponibles. Le sont-ils pour le bien-être des habitants ou pour celui des aménageurs ? Le rétablissement de l’équité territoriale et l’accroissement des espaces verts en Seine-Saint-Denis sont la moindre des exigences, en réponse au lourd tribut payé par notre département lors de cette crise sanitaire et pour adapter rapidement notre territoire aux changements environnementaux.

Le patrimoine et les services publics fragilisés par la spéculation immobilière

Au lieu de préserver les derniers espaces ouverts, de valoriser le patrimoine et les espaces verts de nos villes, certains services de l’État et collectivités bradent les derniers terrains disponibles et les derniers espaces naturels en Seine-Saint-Denis, au nom de la production de logements, l’arrêté du 20 décembre 2017 affirmant «l’urgence de répondre aux besoins en produisant au minimum 70 000 logements par an». Ce démantèlement en cours ne se lit que dans le détail de documents complexes ou de projets d’aménagement morcelés pour plus d’opacité. Le combat est inégal tant les enjeux financiers de la promotion immobilière sont considérables, les moyens des villes limités, ces situations peu médiatisés et les habitants des quartiers populaires peu écoutés sur l’avenir de leur territoire. Continuer la lecture de La vente à la découpe de la Seine-Saint-Denis et de la banlieue, ça suffit !

« Il faut reconstruire la République en Seine-Saint-Denis »

Nous reprenons ici un appel publié ce matin par nos amis du Bondy Blog qui publie un appel signé par l’ensemble des parlementaires de la France Insoumise de la Seine-Saint-Denis. Ils appellent à un plan d’action d’urgence contre les discriminations dans notre département.

Une étude du Conseil départemental a démontré, cette semaine, l’ampleur des discriminations dont sont victimes les habitants de la Seine-Saint-Denis. Face à cela, l’action du gouvernement n’est pas à la hauteur, jugent les députés insoumis du département. Ils prennent la parole et appellent à reconstruire la République en Seine-Saint-Denis. Tribune.

Le département de la Seine-Saint-Denis a publié ce mercredi une enquête sur les discriminations perçues ou vécues par les habitants. Les résultats sont sans appel. Plus de 80% des personnes interrogées estiment que l’origine ou la couleur de peau, la religion, le quartier d’habitation sont des facteurs de discriminations spécifiques. Près d’un tiers d’entre elles disent avoir subi personnellement ces discriminations.

Les relations avec la police et la justice, le monde du travail, la recherche d’un logement sont autant de domaines où les discriminations sont particulièrement aiguës. Ces discriminations se conjuguent avec la violence sociale, omniprésente dans un département où 28,6% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Nul ne peut feindre de l’ignorer : les habitants de la Seine-Saint-Denis, et plus particulièrement les personnes racisées,  sont traités comme des citoyens de seconde zone.  C’est une tâche pour la République.

Cependant, la question qui se pose aujourd’hui n’est pas celle du constat, que chacun peut faire depuis des années. C’est celle de la réponse politique. Car rien ne sert de constater une nouvelle fois les faits si nulle action ne suit. Il ne suffit pas d’applaudir les habitants de la Seine-Saint-Denis à l’Assemblée nationale, comme l’ont fait hier une partie des députés de la majorité.

Il faut agir pour leur permettre de se construire une vie meilleure. Nous n’avons pas attendu aujourd’hui pour le dire : la réalité des injustices que subissent les Séquano-Dyonisiens appelle une politique volontariste. Les habitants interrogés ne disent eux-mêmes pas autre chose, lorsqu’ils appellent de leurs vœux l’action de l’État, du département, des communes, des entreprises aussi.

Nous sommes encore loin du compte

Force est de constater que cette action n’est pas au rendez-vous et ce depuis bien longtemps.

Depuis des années, les discriminations racistes, la réalité des violences policières que subissent les habitants des villes et des quartiers populaires de Seine-Saint-Denis est connue. Depuis des années, la diminution des moyens de l’État a frappé de plein fouet les collectivités locales, les services publics, là où la population en a le plus besoin, aggravant les discriminations. Depuis des années, le marasme économique frappe de plein fouet le département, paupérisant la population, sans que l’implantation de nouvelles activités ne bénéficie suffisamment aux habitants du département. Et depuis des années, les gouvernements se refusent à agir.

Quand le Premier ministre annonce un « plan pour la Seine-Saint-Denis » à la fin octobre dernier, ce n’est qu’un saupoudrage de mesurettes dérisoires. Quand le ministre de l’Intérieur est confronté aux images du visage tuméfié du jeune Gabriel, passé à tabac par des policiers lors d’une interpellation à Bondy, il se dit seulement « troublé ». Pire, l’action gouvernementale renforce les discriminations, comme lorsqu’elle institue le système Parcoursup, qui ferme la porte de l’enseignement supérieur à une grande partie de la jeunesse du département.

Redisons-le aujourd’hui : nous sommes loin du compte. Il faut des mesures d’urgence pour finir avec les violences policières et les pratiques discriminatoires. Nous les avons proposées au Premier ministre. Et il faut assécher le terreau social sur lequel prospèrent les tensions et les injustices en redonnant aux collectivités les moyens d’agir, en restaurant les services publics, à commencer par l’Éducation, en imaginant un avenir économique pour le département qui profite à toutes et tous et soit à la hauteur des enjeux écologiques de notre temps, loin d’une pensée magique qui se limite aux J.O., au BTP et à l’implantation de sièges d’entreprises où viennent travailler des Parisiens.

Assez de faux fuyants, de demi-mesures ! Si l’on veut vraiment en finir avec les discriminations, c’est la République qu’il faut reconstruire en Seine-Saint-Denis. Qu’attend le gouvernement ?

Les députés France insoumise de Seine-Saint-Denis

Clémentine AUTAIN, Eric COQUEREL, Alexis CORBIERE, Bastien LACHAUD, Sabine RUBIN

Lire la tribune sur Le Bondy Blog

 

L'Autre information au Pré Saint Gervais par le collectif citoyen A Gauche Autrement